Lot 31
800 000 - 1 000 000 €
Résultats avec frais
Résultat: 660 000 €

Ferrari 250 GTE 1959


Prototype
Châssis N° 1287GT
Moteur Superamerica – 4L
Voiture personnelle d’Enzo Ferrari

Première Ferrari 250 GTE, elle est présentée avant le départ des 24h du Mans en 1960. Utilisée par Enzo Ferrari, qui préférait se servir d’une 2+2 ; il la teste et l’équipe du formidable moteur Superamerica de 4L. En 1964 elle est vendue en France.

Accidentée en 1971, elle est remisée avant d’être restaurée à partir de 1998 durant des longues années. En 1999, elle est refaite mécaniquement par le renommé Jean Louis Prehoubert, V12 Automobile. Depuis dans une collection de Ferrari dans le Sud-Ouest, la voiture n’a que peu été utilisée, seulement 1500 kms.

Moteur Superamerica – 400 SA
V12 en V de 60°
Cylindrée : 3967, 44 cm3
3 carburateurs Weber double corps
Puissance : environ 340 cv à 7000 tours
Boite : 4 vitesses + overdrive + MA
Pont autobloquant : 30%
Vitesse : 280 kms/h environ

Une voiture au passé historique, avec un moteur exceptionnel, qui après des vicissitudes et diverses restaurations nous arrive dans un état proche du neuf.

Estimation : 800 000€ / 1 000 000€
Sans réserve / No reserve

• Historique
• Expertise de Christian Huet
• Courrier de A. Amadesi : archiviste de Ferrari à Maranello

1959 - Prototype chez Pininfarina
1960 - Présentation aux 24h du Mans comme voiture de direction- voiture personnelle d’Enzo Ferrari
1961/63 - Moteur Superamerica 400 SA Z, Enzo Ferrari désire une voiture plus puissante
1964 - Dezillie, 1° propriétaire en France, Paris
1964 - Maranello : Problème moteur
1971 - Jean CHUDZIK, nouveau propriétaire, Paris.
Accident de CHUDZIK
Achat de la voiture accidentée par M. BERSON
La voiture reste stockée
1998/2009- Restauration de la voiture par son nouveau propriétaire (changement de caisse)
M. X, même propriétaire depuis 1999





(Expertise Huet) :

HISTORIQUE DU VEHICULE

Jusqu’aux années 1970, chez FERRARI à Maranello en Italie, il était fréquent que les prototypes d’un modèle soient réalisés à partir d’une voiture ancienne et reçoivent plusieurs moteurs.
Dans les années 1950 et 1960 la situation financière de FERRARI était délicate et FERRARI vendait ses prototypes à des clients. Pour effectuer ces essais sur route les châssis et les moteurs étaient numérotés. Lorsque ces véhicules étaient revendus quelques années plus tard, ils avaient un moteur diffèrent et fréquemment les châssis et les moteurs étaient renumérotés pour qu’ils aient une concordance de numéro et surtout pour que la « carte grise » remise avec le véhicule mentionne une puissance fiscale correspondant à la véritable cylindrée du moteur. C’est effectivement le cas de la FERRARI 1287 GT.

Cette FERRARI était le prototype du nouveau modèle 2+2 places, qui devait prendre l’appellation
commerciale 250 GTE. Ce prototype avait une très bonne finition et avait son châssis et son moteur
numérotés 1287 GT lorsqu’il a été présenté pour la première fois en public avant le départ des 24H du Mans, le 25 Juin 1960. À ce moment, la cylindrée du moteur était bien de 3 litres
(2953cm3).

Cette Ferrari (1287GT) a reçu en 1963 un moteur de 4L qui a été numérotée 1287-8SA. Sa boîte
de vitesse portait le N°32 E, son pont le N°27E et son immatriculation était MO 54083 à Modena
en Italie. En 1964, la FERRARI 1287 GT a été vendue en France à M. DEZILLIE et immatriculé à
son nom à Paris le 23 Juillet sous le numéro d’immatriculation 8565 QJ 75.

En Octobre 1964, la FERRARI 250 GTE N°1287 GT de M. DEZILLIE a apparemment un problème
moteur puisqu’elle revient dans l’atelier de FERRARI à Modène. Le moteur est remplacé par un
autre moteur de 4L portant le numéro 3105 et qui provenait du prototype N° 3105GT du futur
modèle 330 GT 2+2.

Ce moteur portait donc le numéro 3105, correspondant au châssis et juste en dessous le numéro
66SA qui correspond à une numérotation interne de fabrication de l’Usine FERRARI. Le numéro 3105
a été effacé par limage de l’aluminium du bloc moteur et le numéro 1287 a été refrappé alors que le
numéro 66SA est resté en place.

Le 19 Juillet 1971, M. Jan CHUDZIK, demeurant 31 rue Raffet – 75016 PARIS, achète cette Ferrari
à M. DEZILLIE. Très vite, M. CHUDZIK a un accident très grave puisque c’est également en 1971
que M. BERSON achète le moteur, la boîte, le pont et la traverse avant de l’épave de sa Ferrari.

M. BERSON utilise le vilebrequin et la pompe à eau du moteur pour réparer celui d’une Ferrari d’un
de ses clients. M. BERSON a revendu les pièces mécaniques et la traverse avant de 1287 GT, à
M. Charles ROBERT, demeurant 41 Av. de la Belle Gabrielle – 94130 NOGENT SUR MARNE, qui
possède une Ferrari 400 SA (moteur de 4L) dont il était en train de refaire le moteur. M. ROBERT
permute les deux culasses du moteur 1287-66 SA avec celles de sa voiture qui étaient en moins
bon état.

M. ROBERT vend le lot de pièces de 1287 GT à M. Jean COWAY, collectionneur de FERRARI.

M. COWAY échange la boîte de vitesse n° 32 E contre une autre boîte type 330 GT à M. Pierre
BARDINON également collectionneur.

M. COWAY revend ce lot de pièces 1287 GT à M. ROBERT qui à son tour échange le moteur N° 1287
66 SA, la traverse avant n° 1287 GT, la boîte et le pont dont personne n’a noté le numéro, à M. BERSON contre le travail de réfection d’un moteur de BUGATTI.

M. BERSON, achète une FERRARI 250 GTE sans mécanique et à restaurer pour refaire la première 250 GTE avec ses particularités de carrosserie et avec son moteur et sa plaque de châssis d’origine.

EXAMEN DES PIECES ET DU VEHICULE

Que ce soit le moteur, la boite, le pont, le châssis, la plaque de châssis et la carrosserie du véhicule litigieux, il n’y a aucun doute sur l’authenticité de cet ensemble dont les numéros ont bien été frappée par FERRARI à Maranello en Italie. Le litige porte uniquement sur l’origine des pièces, qui proviennent effectivement de plusieurs véhicules FERRARI authentiques.

Nous avons retrouvé des photos du moteur et du véhicule prises avant que M. X ne les achètent. Le moteur n’a ni vilebrequin ni distribution et les soupapes de la culasse droite ont été dépossées. Le numéro frappé est bien 1287-66 SA.

Le véhicule est bien un modele 250 GTE avec ses elements de suspension, sa direction et ses roues. Les ouïes ont été visiblement réalisées ultérieurement sur les panneaux de custode. La peinture gris clair métalissé a été poncée sur les côtés des ailes où apparaît en rouge une peinture précedente à l’emplacement des anciennes grilles.

Nous avons demandé par écrit à M. BERSON s’il a repeint en rouge ce véhicule après avoir supprimé les grilles de aération mais il n’a pas répondu à cette question.

En examinant cette voiture lors de l’expertise contradictoire nous avons noté que le pont semblait bien être celui d’origine de ce véhicule et non celui du véhicule accidenté. Ce pont porte le numéro 234 E avec un rapport de 7 x 32 ce qui correspond au châssis N° 2855 qui est bien un modèle 250 GTE de 1961.

PLAQUE DE CHASSIS

La plaque de châssis qui provient de la traverse avant récupérée par M. BERSON sur la FERRARI accidentée est ressoudée sur le véhicule présent lors de l’expertise contradictoire. Elle porte la référence 1287 GT.

La frappe de ce numéro est bien authentique et correspond aux caracteristiques des chiffres et des lettres utilisés par FERRARI pour poinçonner les plaques de châssis et de moteur jusqu’au début de 1960 (Juin-Juillet environ). A partir de cette date la barre oblique du 2 et du 7 ne sont plus droites mais cintrées, la proportion du corps du 8 est differente et le G n’est plus anguleux mais arrondi.

De plus, à partir de la mi-1960, la réglementation internationale en vigueur impose que sur le châssis
soit frappé directement ou sur une plaque soudée, le nom du constructeur, le type, le numéro de châssis et une référence IGM. Par exemple, pour la FERRARI 2855 la plaque soudée était comme ceci :

FERRARI 250 GT/E *2855*
IGM 2126 OM

Le châssis original 1287 GT a été construit et numéroté le 2 Mai 1959. La plaque récupérée par M.
BERSON correspond au graphisme des chiffres et lettres et à la frappe utilisée par FERRARI en 1959.
Cette plaque est authentique et correspond à celles réalisées par FERRARI en 1959.


MOTEUR
Ce moteur correspond au type 163 Super America de 4L et son authenticité n’est pas douteuse. A
l’arrière droit du bloc moteur sur une surface rectangulaire usinée, est frappé le numéro 1287. Le
graphisme des chiffres correspond à ceux utilisés par FERRARI à partir de la seconde moitié de l’année 1960. Sous ce numéro on peut encore lire le numéro 3105 précédemment frappé et qui a été supprimé par limage. Juste en dessous dans le métal non usiné, est frappé la référence 66SA. La frappe de ce chiffre et de ces lettres est authentique et d’origine.

Ce moteur n°3105-66 SA provient du prototype de la Ferrari 330 GT 2+2 N°3105, fabriqué en 1962
et qui préfigurait le modèle devant remplacer le 250 GTE.

Le N° 1287 a donc été refrappé par FERRARI quand ce moteur a été installé dans le châssis n°1287
GT. C’est vraisemblablement lors de l’intervention de 1964 à Modena que ce moteur a été refrappée
et installé dans le châssis original 1287 GT.

Il est à noter que le moteur N°1287GT de 3L de 1959 et le moteur 1287 SA (précédemment numéroté 3097 SA) existent toujours et ont été vendus par FERRARI dans d’autres véhicules.

BOITE DE VITESSE
Le carter de la boîte porte le numéro 449-571 et la cloche d’embrayage le N°571-520291. Cette boîte provient d’une FERRARI 330 GT 2+2 de série. MONSIEUR VAIDA a fait remplacer la cloche d’embrayage par une autre portant le n°508E 55967 correspondant à celle d’un modèle 250 GTE.

Cette boîte n’est pas celle qu’il y avait sur la FERRARI 1287 GT au moment de son accident. Cette boîte a été permutée à l’époque ou M. COWAY était propriétaire de ces pièces.

CONCLUSIONS

Les pièces et la voiture vendues par M. BERSON à M. X sont authentiques et ont été fabriquées par FERRARI, mais proviennent d’origines diverses. Seule, la plaque de châssis 1287 GT provient du
prototype original du modèle 250 GTE de 1959 et le moteur n°1287-66 SA provient également de cette FERRARI mais dans sa configuration de 1964.

Fait à Paris le 23 Mars 2004.

Par Christian HUET

Prototype
Chassis N° 1287GT
Superamerica – 4L Engine
Enzo Ferrari’s personal car

This first Ferrari 250 GTE was introduced before the start of Le Mans 24 hours in 1960. Enzo Ferrari, who preferred using a 2+2, used it. He tested the car and had it equipped with the fantastic 4.0 Litres Superamerica engine. The car was then sold in France in 1964.

It suffered an accident in 1971. The car was then completely restored in 1998; many years of work were necessaries. In 1999, all the mechanical parts were completely remade by famous Jean Louis Prehoubert, V12 Automobile. This 250 GTE has then been part of an important collection of Ferraris, in South West France, and was barely used, only for about 1 500 kilometres.

Superamerica – 400 SA Engine
V12 60°
Displacement: 3967, 44 cm3
3 Weber two barrels carburettors
Power: about 340 bhp at 7000 rpms
Gearbox: 4 speeds + overdrive + Reverse
Limited slip differential: 30%
Speed: about 280 kms/h

This is a very historical car, fitted with an outstanding engine, and which, after several restorations comes to us almost just like new


• History
• Christian Huet’s expert assessment
• Mail from A. Amadesi, Ferrari Archivist in Maranello

1959 - Prototype at Pininfarina
1960 - Introduced during the 24 hours of Le Mans as a company car, Enzo Ferrari’s personal car.
1961/63 - Superamerica 400 SA Z engine, Enzo Ferrari whished a more powerful car
1964 - Dezillie, 1st owner in France, Paris
1964 - Maranello : engine failure
1971 - Jean CHUDZIK, new owner, Paris
CHUDZIK’s accident
M. BERSON acquires the wreck
The car remains stored
1998/2009- New owner, the car has been completely restored (body swapped). Same owner since 1999
 
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